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NO COMMENT, 2006

Annelore Schneider, Claude Piguet et
Swann Thommen

5 photographies
200x75 cm
tirage lambda
collées entre 2 plaques de
plexiglas de 4 mm
no comment
f lyer de l'exposition "no comment", galleria laurin, Zürich

Cette série de photographies montre cinq lieus publics où une étrange fumée envahit l’espace. Les différents lieux représentés sont référenciés à des zones d’attentat réels ; immeuble administratif (Oklahoma city, WT), escalators et salle d’attente (métro à Paris), discothèque et restaurant (Bali). Mais au contraire d’être spécifique, l’architecture y est standardisée, schématisée et fonctionnelle. L’espace est vide, inhabité et existe que par lui-même. Cette représentation est encore accentuée par l’image de synthèse qui permet de lisser les surfaces et par l’utilisation de tonalité de gris uniquement.
L’événement se réduit quant à lui à une fumée qui s’insinue dans l’espace à différent stade d’avancement. Il s’inscrit dans la symbolique du danger. Le choix de la couleur rose démarque l’action du lieu, crée une absurdité et renforce l’idée d’une certaine toxicité.Le choix des couleurs, du cadrage, du papier brillant, du plexiglas, ainsi que la construction artificielle de l’événement et la minimisation des éléments qui le constitue créent une sur-esthétisation qui éloigne le spectateur d’un monde qui lui est familier car rien ne le lie plus personnellement.
Au contraire des médias qui insistent sur le rapprochement du privé et du publique, ces photographies requestionnent le pouvoir de l’image. S’il est si facile d’assister à tous les événements importants pratiquement en temps réel, pouvons nous encore s’interroger sur leurs représentations et ce qu’ils donnent à interpréter.
Dans un monde médiatisé à l’extrême où le spectaculaire et le sensationnel sont plus que présents, nous proposons un modèle qui tient le spectateur à distance tout en parlant de l’actualité dans laquelle il s’efforce de vivre.