
Cette série de photographies montre cinq lieus publics où
une étrange fumée envahit l’espace. Les différents
lieux représentés sont référenciés à
des zones d’attentat réels ; immeuble administratif (Oklahoma
city, WT), escalators et salle d’attente (métro à Paris),
discothèque et restaurant (Bali). Mais au contraire d’être
spécifique, l’architecture y est standardisée, schématisée
et fonctionnelle. L’espace est vide, inhabité et existe que
par lui-même. Cette représentation est encore accentuée
par l’image de synthèse qui permet de lisser les surfaces et
par l’utilisation de tonalité de gris uniquement.
L’événement se réduit quant à lui à
une fumée qui s’insinue dans l’espace à différent
stade d’avancement. Il s’inscrit dans la symbolique du danger.
Le choix de la couleur rose démarque l’action du lieu, crée
une absurdité et renforce l’idée d’une certaine
toxicité.Le choix des couleurs, du cadrage, du papier brillant, du
plexiglas, ainsi que la construction artificielle de l’événement
et la minimisation des éléments qui le constitue créent
une sur-esthétisation qui éloigne le spectateur d’un
monde qui lui est familier car rien ne le lie plus personnellement.
Au contraire des médias qui insistent sur le rapprochement du privé
et du publique, ces photographies requestionnent le pouvoir de l’image.
S’il est si facile d’assister à tous les événements
importants pratiquement en temps réel, pouvons nous encore s’interroger
sur leurs représentations et ce qu’ils donnent à interpréter.
Dans un monde médiatisé à l’extrême où
le spectaculaire et le sensationnel sont plus que présents, nous
proposons un modèle qui tient le spectateur à distance tout
en parlant de l’actualité dans laquelle il s’efforce
de vivre.